
Cafeina
L’exposition Cafeina est présentée dans une chambre unique, où dialoguent les photographies d’Amélie Ly, de Marlena Des et les poèmes courts de Jeremia Sana et NEB.
Le café est le témoin des instants humains : les élans intimes, les liens amoureux, les échanges professionnels, les moments de réflexion, les pauses après l’effort, les lectures silencieuses. Il accompagne les corps, les regards, les pensées et les gestes ordinaires.
Dans cette chambre, le café n’est pas seulement une boisson. Il est une présence, une chaleur, une matière de relation. Il traverse les conversations, les solitudes, les retrouvailles, les attentes, les confidences et les rituels de soin. De la tasse aux produits pour le corps et le visage, il s’invite dans une expérience sensible, entre intimité, quotidien et mémoire.
Cafeina réunit l’image et le poème court autour d’un même motif : le café comme compagnon des liens humains, des pensées lentes et des gestes de douceur.


L’exposition évolutive Cafeina est présentée dans cette chambre unique, où dialoguent les photographies d’Amélie Ly, de Marlena Des et les poèmes courts de Jeremia Sana. Des gorgées poétiques quotidiennes.


Le Rite du Café:
Le café sait garder les élans sous la langue,
les aveux suspendus, les regards de côté ;
il donne aux gestes simples une noblesse exsangue,
un théâtre intime à la réalité.
Deux mains autour d’une tasse inventent une scène,
un monde minuscule où l’être ose tenir.
Et dans la vapeur brune, élégante, presque humaine,
le désir prend le temps de ne pas se trahir
Poème de Jeremia Sana
Photo : Amélie Ly
Première gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


Volutes
Tasses noires et volutes blanches
Cadres moites et décors sobres
Embaumez-moi bien fort
Ô liqueurs abyssines
Embrassez-moi à mort
Ô saveurs assassines
Tasses noires et volutes blanches
Emportez-moi jusques aux confins
Des plus célestes abysses
Du plaisir
Poème de Jeremia Sana
Photo : Amélie Ly
Seconde gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


CAFÉTIQUE
Le café glissait contre ses lèvres
avec la gravité d’un désir discret.
La porcelaine tiède entre ses doigts
retenait encore un peu de peau.
Le livre ouvert ne disait presque rien.
Le reste appartenait au silence,
à cette manière douce et obscure
qu’a parfois le matin de frôler le corps.
Poème de Jeremia Sana
Photo : Marlena Des
Troisième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


Café après l’effort
Après le mouvement, le café vient s’asseoir
dans le calme du corps encore traversé d’ondes ;
la sueur a laissé sur la peau son miroir,
et l’air paraît plus vaste au bord des heures blondes.
Je bois cette chaleur comme une récompense,
un feu brun accordé aux muscles revenus.
La fatigue devient une noble présence,
un plaisir grave et doux, presque nu.
Poème de Jeremia Sana
Photo : Marlena Des
Quatrième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


La tasse du soir
Quand mon corps en a assez
de ces journées trop tassées
Quand calculs et stress s’emboîtent
pour ce veau d’or qu’on miroite
Quand ma plume est sans repères
Quand, las, le verbe se perd…
Café, tu es mon seul remède !
Cascade dorée, tasse fumante
Odeur adorée, saveur aimante
Soignant des esprits hagards
Porteur des espoirs sans fard
Café tu es mon seul remède !
Poème de Jeremia Sana
Photo : Amélie Ly
Cinquième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


L’instant Verlaine
Que j’aime la musique du café
Aux heures poétiques du matin
Que j’aime les effluves du soleil
Dansant sur les vers de Verlaine
Le long cours du Temps se retient
Quand survient cet instant précieux
Dont longtemps le palais se souvient
Tel l’ultime délice des dieux
Poème de NEB
Photo : Marlena Des
Sixième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.
L’instant Verlaine
Que j’aime la musique du café
Aux heures poétiques du matin
Que j’aime les effluves du soleil
Dansant sur les vers de Verlaine
Le long cours du Temps se retient
Quand survient cet instant précieux
Dont longtemps le palais se souvient
Tel l’ultime délice des dieux
Poème de NEB
Photo : Marlena Des
Septième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


Compagne de pensées
Compagne exaltante de mes soirées intellectuelles.
Votre robe sombre effleure les heures.
Sur les lèvres des pensées qui dansent,
vous laissez la complexité d’une caresse.
Alliée des réflexions profondes,
vous veillez près des ouvrages divers ;
dans votre nuit sensuelle, le corps s’exalte,
l’esprit goûte encore à la ferveur.
Poème de Marlena Des
Photo : Marlena Des
Huitième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.
L’Attente
La tasse, en sa blancheur hiémale,
retient l’ébriété pâle de vos lèvres.
Sur le bois fuligineux, la lumière s’émonde,
et votre absence prend une forme charnelle.
La chaise vacante garde votre cambrure,
la chaleur capiteuse d’un corps soustrait.
J’attends dans cette latence vespérale,
parmi les fibres, le chrome et les heures taciturnes.
Le café refroidit avec une lente volupté,
sa mousse conserve une nitescence presque obscène.
L’existence demeure là, nue et contingente,
dans l’infime concupiscence d’une gorgée différée.
Poème de Jeremia Sana
Photo : Marlena Des
Neuvième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.


Vestige lactescent
Dans la porcelaine sombre,
le lait dessine une palimpseste charnelle,
comme si vos lèvres, à peine absentes,
avaient laissé leur phosphène sur la nuit.
La cuillère gît, luisante et taciturne,
près de cette écume à demi profanée.
Je contemple l’inachèvement de votre bouche,
sa douceur fuligineuse, son retrait capiteux.
Le café conserve une tiédeur clandestine,
une volupté presque sépulcrale.
J’y bois votre absence avec componction,
jusqu’à sentir l’existence devenir sapide.
Poème de Jeremia Sana
Photo : Amélie Ly
Dixième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.
L’Oracle lacté
Sous la clarté fauve du bois,
la tasse déploie son augure lactescent.
Une aile d’écume incline sa blancheur
vers la pénombre ambrée du café.
La cuillère, oblique et spéculaire,
retient un fragment de visage absent.
Je demeure devant cette chorégraphie infime,
où la matière compose votre effigie.
Votre bouche semble avoir traversé la mousse,
laissant un glyphe tendre et fugitif.
J’y reconnais la volupté de l’inaccompli,
ce désir liminaire qui échappe au langage.
Alors je bois, avec une ferveur presque hiératique,
la part de vous déposée dans la lumière,
et le matin prend une saveur d’oracle,
dense, sapide, irrévocablement charnelle.
Poème de Jeremia Sana
Photo : Marlena Des
Onzième gorgée caféinée
Chaque jour, une gorgée caféinée. Une photographie. Un poème court.

Email : instants@musarthis.com


Production artistique : Amélie Ly / Mélodie B.
Directrice artistique : Marlena Des
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